Le rappel

Le rappel chez le chien

L’un des comportements que les propriétaires interprètent le plus souvent comme un refus d’obéir est l’absence de réaction au rappel. Le chien est parfois tout près, à quelques mètres seulement, on l’appelle, mais il ne se retourne pas, ne ralentit pas, comme si notre voix n’existait pas. Cette situation est fréquente et, dans la majorité des cas, elle ne relève ni de la provocation ni d’un manque de respect.


Le chien ne répond pas parce que, à cet instant précis, ce qu’il est en train de faire a bien plus de valeur pour lui que notre demande. Depuis ses premières semaines jusqu’à l’âge adulte, le chien explore son environnement en permanence. Il est attiré par les odeurs, stimulé par les mouvements, curieux de tout ce qui l’entoure. Il joue avec les autres chiens, observe, renifle, expérimente. Cet univers est extrêmement riche pour lui, bien plus que ce que nous percevons avec nos sens humains.


Lorsqu’il est absorbé par ces stimulations, le chien ne “fait pas semblant” de nous ignorer : il est simplement concentré ailleurs. Si le rappel n’a pas été appris, renforcé et associé à quelque chose de positif, il n’existe aucune raison pour que le chien abandonne une activité plaisante afin de revenir vers son maître. Pour lui, le choix est simple : il ira vers ce qui lui procure le plus d’intérêt à ce moment-là.


Un chien revient quand la motivation à rejoindre son humain est plus forte que celle de continuer ce qu’il est en train de faire. C’est sur ce principe que repose tout le travail du rappel. Or, beaucoup de propriétaires laissent leur chien évoluer librement, jouer avec d’autres chiens, explorer sans contrainte. Ces moments sont essentiels : ils participent à la socialisation, à l’équilibre émotionnel et à l’apprentissage des interactions entre congénères. Mais ils ne suffisent pas à construire une relation d’écoute.


Dès l’arrivée d’un chiot, ou même lors de l’adoption d’un chien adulte, il est indispensable de passer du temps à jouer avec lui, à interagir, à capter son attention. Ce lien, construit au quotidien, permet au chien d’associer son humain à quelque chose d’intéressant, de sécurisant et de motivant. Sans cela, le rappel reste un mot vide, noyé dans un environnement bien plus stimulant que nous.