Le Montagne des Pyrénées

Le Patou, plus connu sous le nom de Chien de montagne des Pyrénées, appartient aux races pastorales les plus anciennes d’Europe. Sa présence est attestée depuis des siècles dans les zones montagneuses pyrénéennes, où il était avant tout utilisé pour protéger les troupeaux de moutons et de chèvres contre les prédateurs. Ce rôle de gardien autonome, capable de travailler sans supervision humaine constante, a profondément façonné son tempérament et sa morphologie.


Longtemps associé au monde rural et aux bergers, le Patou a vu son statut évoluer au XVIIᵉ siècle. En 1675, sous le règne de Louis XIV, il fut officiellement désigné « chien royal de France ». Cette reconnaissance contribua largement à sa diffusion au-delà des montagnes, notamment pour la garde des grandes propriétés et des domaines aristocratiques. Sa prestance, son courage et son sens aigu du territoire firent rapidement sa réputation.


Après la Seconde Guerre mondiale, la race connut un net déclin. Le coût de son entretien, combiné à la diminution du pastoralisme traditionnel, mit le Patou en difficulté. Ce sont des passionnés et des programmes d’élevage rigoureux qui permirent de préserver la race et d’en assurer la continuité.



Aujourd’hui, le Chien de montagne des Pyrénées reste fidèle à sa vocation première. Qu’il soit employé à la protection des troupeaux ou intégré comme chien de garde et de compagnie, il conserve les caractéristiques héritées de son histoire : indépendance, vigilance et loyauté profonde envers son territoire et sa famille.

Caractéristiques physiques de la race


Le Patou est un chien de grande taille, puissant et harmonieux, dont la silhouette reflète parfaitement sa fonction de gardien des montagnes. Son allure est à la fois imposante et équilibrée, sans lourdeur excessive.


Son pelage est long, dense et souple, bien couché sur le corps. Il est complété par un sous-poil abondant qui lui offre une excellente protection contre le froid, l’humidité et les intempéries. Cette fourrure explique en grande partie sa capacité à vivre dehors toute l’année, même dans des conditions climatiques difficiles.


La robe est majoritairement blanche. Elle peut toutefois présenter des marques bien délimitées, de teinte gris clair (dites « poil de blaireau »), jaune pâle ou légèrement orangée. Ces marques se situent le plus souvent sur la tête, les oreilles, la base de la queue et parfois sur certaines zones du corps.


La tête est bien proportionnée par rapport au reste du chien. Les faces latérales sont plutôt aplaties, tandis que le crâne présente une légère convexité, avec un arrondi marqué vers l’arrière. Le museau est large et puissant, légèrement plus court que le crâne, et le stop s’inscrit en pente douce, sans cassure brutale.


Les oreilles sont relativement petites pour un chien de ce gabarit. De forme triangulaire aux extrémités arrondies, elles sont portées plaquées contre la tête au repos et se redressent légèrement lorsque le chien est attentif ou en action.


Les yeux, de petite taille et en forme d’amande, sont de couleur brun ambré. Leur expression est caractéristique de la race : douce, calme et intelligente, traduisant un tempérament posé mais vigilant.


Le corps est solidement construit. Le dos est bien soutenu, le garrot large et marqué, le rein de longueur moyenne et la croupe légèrement inclinée. La poitrine est large et profonde, conférant au Patou une excellente stabilité et une grande endurance.



La queue, abondamment fournie en poils, est portée basse lorsque le chien est au repos. En phase d’éveil ou de vigilance, elle se relève et s’enroule partiellement sur le dos, tout en descendant jusqu’à la pointe du jarret.



Comportement et relation à l’humain


Le Patou est souvent décrit comme une véritable montagne de douceur. Derrière son gabarit impressionnant se cache un chien profondément affectueux, en quête de proximité humaine. Il apprécie la présence des siens et recherche volontiers le contact, ce qui explique qu’il soit parfois utilisé comme chien de médiation ou de thérapie. Son calme, sa patience et sa fourrure épaisse participent à ce sentiment de réconfort qu’il dégage naturellement.


Avec les enfants, le Patou se montre généralement très attentionné et tolérant. Il fait preuve d’une grande douceur et d’une remarquable stabilité émotionnelle. Cette bienveillance s’étend à l’ensemble de la famille, à laquelle il s’attache fortement. En revanche, son instinct de protection reste très marqué. S’il n’est pas correctement encadré, il peut devenir excessivement vigilant, voire surprotecteur, notamment lorsqu’il estime que son foyer ou ses proches sont menacés.


La cohabitation avec d’autres chiens se passe en général très bien. Le Patou apprécie la compagnie de ses congénères et peut volontiers jouer avec eux, tout en restant conscient de sa force et de son gabarit… du moins à l’extérieur. À la maison, il a parfois tendance à oublier sa taille et n’hésitera pas à chercher une place sur un canapé, un fauteuil ou même un lit, attiré par le confort et la proximité de ses humains.



Ce chien a besoin d’un lien fort avec sa famille et d’un cadre clair pour canaliser son instinct de gardien. Lorsqu’il est bien compris et correctement accompagné, le Patou se révèle être un compagnon d’une grande tendresse, loyal, apaisant et profondément attaché à ceux qui partagent son quotidien.



Éducation et repères au quotidien


Avec un chien de cette stature, l’improvisation n’a pas sa place. Le Patou peut être attendrissant lorsqu’il est chiot, mais céder à tout sous prétexte de son jeune âge revient à poser les bases de difficultés futures. Ce chien deviendra puissant, autonome et sûr de lui : il doit donc apprendre très tôt où sont les limites.


L’éducation doit commencer dès son arrivée dans le foyer. Il ne s’agit pas de le brider, mais de lui donner des repères clairs et cohérents. Les règles doivent être simples, constantes et appliquées par tous. Un Patou à qui l’on envoie des messages contradictoires prendra rapidement ses propres décisions, et ce n’est pas toujours celles que l’on espère.



Les séances d’apprentissage demandent du temps et de la régularité. Elles peuvent sembler longues ou répétitives, mais elles sont indispensables pour construire une relation équilibrée. Ce chien apprend, comprend et mémorise, à condition que l’on fasse preuve de patience, de calme et de fermeté sans brutalité.


Un Patou correctement éduqué devient un chien fiable, posé et agréable à vivre. À l’inverse, un manque d’éducation ou un laxisme précoce peuvent transformer sa force et son instinct de protection en véritables contraintes au quotidien. Être maître d’un Patou, c’est assumer un rôle clair et responsable, dès le départ.



Besoins quotidiens et conditions de vie


Le Chien de montagne des Pyrénées n’est pas fait pour évoluer dans des espaces confinés. Son gabarit, son besoin de mouvement et surtout sa nature de chien gardien rendent la vie en milieu urbain peu adaptée à son équilibre. Les appartements et les environnements très fréquentés ne correspondent ni à ses besoins physiques, ni à son fonctionnement mental.


Pour s’épanouir, il lui faut de l’espace. Une maison avec un grand terrain constitue le cadre de vie le plus cohérent pour cette race. Il a besoin de pouvoir observer, se déplacer librement et exercer naturellement son rôle de surveillance. Ce besoin n’est pas uniquement physique : il est aussi profondément lié à son identité de chien de protection.


Même s’il n’est pas hyperactif, le Patou doit sortir régulièrement. Les promenades lui permettent de canaliser son énergie, de découvrir son environnement et de maintenir un bon équilibre général. En revanche, il n’est pas adapté à une vie citadine rythmée par le bruit, la promiscuité et les contraintes permanentes.



Offrir au Chien de montagne des Pyrénées un cadre spacieux, calme et structuré est essentiel. C’est dans ce type d’environnement qu’il révèle pleinement ses qualités : sérénité, vigilance, stabilité et attachement profond à son territoire et à sa famille.

Santé et prédispositions


Le Chien de montagne des Pyrénées est globalement un chien robuste, mais son grand gabarit l’expose à certaines affections qu’il est important de connaître. La dysplasie de la hanche fait partie des problèmes les plus fréquemment rencontrés chez la race. Elle peut impacter la mobilité et le confort du chien, en particulier avec l’âge, d’où l’importance d’une croissance bien maîtrisée et d’un suivi vétérinaire régulier.


Comme beaucoup de chiens lourds, le Patou peut également être concerné par des troubles articulaires, notamment la luxation de la rotule, même si celle-ci reste moins fréquente que chez les races de petit format. Les yeux sont un autre point de vigilance : l’entropion, caractérisé par un enroulement de la paupière vers l’intérieur, peut provoquer des irritations chroniques et nécessiter une prise en charge adaptée.


Certaines pathologies plus sérieuses peuvent aussi apparaître, comme des maladies cardiaques ou des formes de cancer, dont la prévalence augmente généralement avec l’âge. Des allergies cutanées peuvent également se manifester, entraînant démangeaisons et inconfort si elles ne sont pas identifiées et traitées correctement.



Un suivi vétérinaire attentif, une alimentation adaptée, une activité physique raisonnable et une sélection rigoureuse des reproducteurs jouent un rôle essentiel dans la prévention et la gestion de ces prédispositions, afin d’assurer au Patou une bonne qualité de vie sur le long terme.

Espérance de vie et longévité


L’espérance de vie du Chien de montagne des Pyrénées se situe en moyenne entre 10 et 11 ans. Cette longévité dépend notamment de la génétique, du suivi vétérinaire et des conditions de vie proposées au chien.