Le Mastiff
Les origines de cette race remontent à des chiens de type dogue introduits très tôt en Grande-Bretagne, issus de lignées anciennes apparentées aux dogues tibétains. Présent sur le territoire britannique depuis plusieurs siècles, ce chien est attesté dès le Moyen Âge. Il a longtemps été utilisé pour la garde des troupeaux et des propriétés, mais également pour des usages aujourd’hui disparus, comme les combats contre des fauves ou d’autres chiens, pratiques courantes à certaines périodes de l’histoire.
Pendant de nombreuses générations, le type n’a pas été clairement fixé. Les chiens variaient fortement en taille, en morphologie et en tempérament selon les régions et les usages. La race a mis du temps à se structurer et à atteindre une réelle homogénéité, tant sur le plan physique que comportemental.
La reconnaissance officielle intervient au début du XXᵉ siècle, lorsque les standards commencent à être définis et que l’élevage se rationalise. Cette reconnaissance marque une étape clé dans la stabilisation de la race.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les effectifs chutent de manière dramatique sur le continent européen, au point de menacer la survie même de la race. Elle doit sa sauvegarde à la présence de plusieurs lignées conservées aux États-Unis, qui permettront sa reconstitution progressive après le conflit.
Ce passé explique en grande partie le caractère, la puissance et la stature impressionnante de ce chien, héritées d’une longue histoire de sélection utilitaire avant de devenir une race structurée et reconnue.
Caractéristiques physiques de la race
Le Mastiff possède un poil court, bien plaqué contre le corps, offrant une protection suffisante sans excès. La densité du pelage est plus marquée au niveau des épaules et de la ligne du dos, ce qui accentue visuellement la puissance de l’avant-main. L’entretien est simple, mais la peau demande une surveillance régulière, notamment dans les plis.
La robe se décline en plusieurs teintes admises par le standard : sable, fauve, abricot, gris ou bringé. La robe bringée se caractérise par des rayures irrégulières visibles sur la couleur de fond. Quelle que soit la teinte, le masque facial est foncé, tout comme les oreilles et la truffe, ce qui renforce l’expression typique de la race.
La tête est massive et constitue l’un des traits majeurs du Mastiff. Le crâne est large et de forme carrée, particulièrement développé entre les oreilles. Le front apparaît relativement plat et se couvre de rides marquées lorsque le chien est attentif ou en alerte. Le stop est bien défini, sans être brutal, assurant une transition nette entre le crâne et le museau.
Les oreilles sont implantées haut sur le crâne. Elles sont de petite taille, fines et bien proportionnées par rapport à l’ensemble de la tête. Leur port contribue à l’expression sérieuse et attentive du chien.
Les yeux sont relativement petits, bien espacés et de couleur noisette. Leur expression est calme, réfléchie et posée, sans dureté ni agressivité.
Le corps est puissant, solidement charpenté et parfaitement proportionné. La musculature est développée sans excès, donnant au Mastiff une allure massive mais harmonieuse. L’ensemble dégage une impression de force tranquille et de stabilité.
La queue est attachée haut et portée pendante au repos. Lors des phases d’excitation ou d’attention, elle peut se relever légèrement, sans jamais s’enrouler sur le dos. Elle participe à l’équilibre général de la silhouette.
Comportement et relation à l’humain
Le Mastiff impressionne par sa stature, mais son comportement est à l’opposé de ce que son gabarit pourrait laisser croire. Il s’agit d’un chien calme, posé et naturellement équilibré, qui recherche avant tout la stabilité et la proximité avec sa famille. Son tempérament tranquille en fait un compagnon particulièrement agréable au quotidien.
Très attaché à ses proches, il développe un lien fort avec l’ensemble du foyer. Il se montre doux dans ses interactions et fait preuve d’une grande tolérance, notamment avec les enfants. Sa patience est l’une de ses qualités majeures, à condition bien sûr que les échanges restent respectueux. Il n’est ni brusque ni excessif dans ses réactions.
Souvent décrit comme réservé ou placide, le Mastiff n’est pourtant pas distant. Il exprime son attachement de manière discrète mais constante, recherchant la présence plus que l’agitation. Il apprécie les moments calmes, les contacts rassurants et la routine familiale.
Ce chien n’est pas démonstratif de façon excessive, mais sa loyauté et son affection sont profondes. Lorsqu’il évolue dans un environnement serein et cohérent, le Mastiff se révèle être un compagnon fiable, doux et extrêmement attaché à ceux qui partagent son quotidien.
Éducation et repères au quotidien
L’éducation du Mastiff repose avant tout sur la qualité de la relation établie avec son maître. C’est un chien réceptif, qui comprend rapidement ce que l’on attend de lui, à condition que les demandes soient formulées de manière calme et cohérente. La douceur est essentielle dans son apprentissage : toute forme de brutalité ou de pression excessive bloque la communication et nuit à la confiance.
La fermeté reste néanmoins indispensable. Elle doit s’exprimer sans brusquerie, par la constance des règles et la clarté des attentes. Le Mastiff répond bien à une autorité posée, incarnée par un humain stable et sûr de lui. Un maître expérimenté ou capable de garder son sang-froid face à un chien de très grand gabarit est donc préférable.
La socialisation doit être engagée tôt. Ce point est fondamental compte tenu de la taille et de la puissance que le Mastiff atteindra à l’âge adulte. Les rencontres variées avec des humains, des congénères et des environnements différents permettent de former un chien sûr de lui, équilibré et facile à gérer.
Lorsqu’il est éduqué dans un cadre serein, structuré et anticipé, le Mastiff devient un chien obéissant, fiable et parfaitement intégré à la vie familiale. Sa force physique impose simplement que son éducation ne soit jamais laissée au hasard.
Besoins quotidiens et conditions de vie
Le Mastiff, par son gabarit exceptionnel, nécessite un cadre de vie adapté. L’espace est un élément important pour son confort, non pas pour se dépenser intensément, mais pour évoluer librement sans contrainte. Une maison disposant d’un terrain suffisamment vaste correspond mieux à ses besoins qu’un environnement restreint, compte tenu de sa taille et de son poids.
Ce n’est pas un chien athlétique ni un grand sportif. Il n’a ni besoin ni aptitude pour des activités physiques intenses ou prolongées. En revanche, des sorties régulières restent indispensables pour préserver son équilibre général, tant sur le plan physique que mental. Les promenades doivent être calmes, mesurées et adaptées à son rythme.
Ce qui compte avant tout pour le Mastiff, c’est la proximité avec son humain. Il ne supporte pas l’isolement et cherche avant tout à accompagner son maître, même dans des activités simples. Sa présence est discrète mais constante, et sa stabilité repose largement sur cette relation de proximité.
Le Mastiff s’épanouit donc dans un environnement paisible, structuré et suffisamment spacieux, où il peut vivre au rythme de sa famille. Plus que l’activité, c’est la présence humaine et la régularité du quotidien qui conditionnent son bien-être.
Santé et prédispositions
Comme beaucoup de chiens de très grand gabarit, le Mastiff présente certaines fragilités liées à sa morphologie. L’un des risques majeurs concerne l’appareil digestif, en particulier les torsions gastriques. Ce trouble grave nécessite une vigilance constante. Une gestion rigoureuse des repas, des temps de repos après l’alimentation et de l’activité physique permet de réduire significativement ce risque.
Sur le plan articulaire, la dysplasie de la hanche fait partie des affections fréquemment rencontrées dans la race. Elle peut impacter la mobilité et le confort du chien, surtout avec l’âge. Un suivi vétérinaire régulier, associé à une croissance maîtrisée et à une activité adaptée, joue un rôle essentiel dans la prévention et la prise en charge de ce problème.
La vision constitue également un point de surveillance. Certaines atteintes oculaires, notamment l’atrophie rétinienne progressive, peuvent apparaître au cours de la vie du Mastiff. Cette affection évolutive nécessite un dépistage afin d’anticiper son évolution et d’adapter l’environnement du chien si besoin.
Compte tenu de son gabarit et de sa longévité plus courte que celle des races de petit format, le Mastiff bénéficie pleinement d’un suivi vétérinaire attentif, d’une alimentation adaptée et d’un mode de vie équilibré, conditions indispensables à sa qualité de vie.










