Le Basset Artésien normand
La race voit le jour à la fin du XIXᵉ siècle, sous l’impulsion de deux figures majeures de l’élevage français : Louis Lane et le comte Le Coulteux de Canteleu. Leur objectif est alors de fixer un type de basset fonctionnel et homogène, issu de croisements entre les anciens bassets d’Artois et de Normandie, aujourd’hui disparus. Ces sélections visaient à conserver les qualités de chasse tout en stabilisant la morphologie.
Un premier standard est établi à la fin du siècle afin de définir précisément les caractéristiques de la race. Il sera ensuite retravaillé à plusieurs reprises au début du XXᵉ siècle, jusqu’à l’adoption définitive de l’appellation « basset artésien normand » dans les années 1920. Cette reconnaissance officielle marque une étape importante dans la structuration de la race.
La création du club de race, quelques années plus tard, vient consolider ce travail de sélection et contribue à assurer la pérennité et la diffusion du basset artésien normand tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Caractéristiques physiques de la race
Le Basset artésien normand présente un poil ras, court et bien serré, offrant une protection efficace sans être trop fin. L’ensemble donne un aspect net et fonctionnel, adapté à un chien conçu pour évoluer sur des terrains variés.
La robe se décline en deux grandes variantes. Elle peut être tricolore, associant le fauve, le blanc et un manteau noir, ou bicolore, mêlant le fauve et le blanc. Le manteau est constitué de poils noirs ou légèrement zonés, ce qui apporte du relief à la couleur.
La tête est caractéristique, avec une apparence sèche et bien dessinée. Le crâne présente une forme légèrement bombée, sans excès. La transition entre le front et le museau est marquée, mais reste équilibrée. La truffe est large, noire, avec des narines bien ouvertes, adaptées au travail olfactif.
Les oreilles sont implantées très bas et ne dépassent jamais la ligne de l’œil. Étroitement attachées, souples et peu épaisses, elles s’enroulent légèrement et s’allongent jusqu’à se terminer en pointe. Leur port accentue l’expression typique de la race.
Les yeux sont ovales, de bonne taille et de couleur foncée. Ils dégagent une expression calme, sérieuse et attentive, en accord avec le tempérament posé du chien.
Le corps est solide et bien soutenu. Le dos est large et robuste, offrant une bonne stabilité malgré les membres courts caractéristiques de la race.
La queue est longue, forte à la base et s’affine progressivement vers son extrémité. Elle est portée en sabre, accompagnant naturellement les mouvements du chien.
Comportement et relation à l’humain
Au premier contact, ce chien donne souvent l’image d’un compagnon calme et facile à vivre.
Avec le temps, il révèle pourtant une personnalité bien plus expressive. Joyeux, joueur et parfois clownesque, il apporte une présence chaleureuse au sein du foyer et crée rapidement des liens forts avec les membres de sa famille.
Issu du travail en meute, il supporte difficilement la solitude. La compagnie est pour lui un besoin réel, qu’elle vienne d’autres chiens, d’animaux avec lesquels il a été habitué à vivre, ou des humains qui l’entourent. Lorsqu’il est laissé seul trop longtemps, il peut exprimer son inconfort par de l’agitation ou une recherche constante d’attention.
Très attaché à ses proches, il a besoin d’interactions régulières pour s’épanouir pleinement. Ce trait de caractère en fait un chien peu adapté aux personnes très absentes ou peu disponibles. En revanche, dans un foyer présent et impliqué, il se montre affectueux, doux et profondément investi dans la vie familiale.
Son tempérament équilibré et sa gentillesse naturelle en font un excellent compagnon pour les enfants. Patient et tolérant, il participe volontiers aux jeux, tout en conservant un comportement mesuré. Bien encadré, il trouve facilement sa place dans une vie de famille active et conviviale.
Éducation et repères au quotidien
Pensé avant tout comme un chien de compagnie, ce basset doit être guidé dès son plus jeune âge pour s’intégrer sereinement dans la vie quotidienne. La socialisation précoce est essentielle : rencontres avec différents humains, découverte de nouveaux environnements et apprentissage des codes de vie permettent de poser des bases solides.
Son héritage de chien de chasse implique également un travail spécifique sur certains comportements. Il est important de lui apprendre à canaliser son flair, à gérer ses élans instinctifs et à ne pas réagir excessivement aux stimulations extérieures, notamment en limitant les aboiements inutiles. Ces apprentissages se construisent dans la durée, avec patience et constance.
Les règles de vie doivent être définies clairement dès le départ et appliquées sans variation. Ce chien est intelligent, observateur et très sensible à la cohérence humaine. Face à des consignes floues ou contradictoires, il peut rapidement adopter une attitude d’opposition passive, donnant l’impression d’un caractère têtu.
Une éducation juste, basée sur des repères stables et une communication calme, permet d’obtenir un chien équilibré, attentif et agréable à vivre. Lorsqu’il comprend ce que l’on attend de lui et que le cadre est sécurisant, il coopère volontiers et s’intègre facilement dans le rythme de la famille.
Besoins quotidiens et conditions de vie
Sous ses airs tranquilles, ce basset est loin d’être un chien sédentaire. Il possède une vraie endurance et a besoin de se dépenser régulièrement pour rester équilibré, autant physiquement que mentalement. Malgré son gabarit bas sur pattes, il surprend souvent par sa détente et son agilité. Il est capable de franchir de petits obstacles et de se redresser sans difficulté, ce qui témoigne d’une bonne tonicité musculaire.
C’est un chien qui peut accompagner un maître actif sur des distances conséquentes, à condition que l’effort soit adapté. Les activités comme la marche soutenue ou le jogging léger lui conviennent, tant que le terrain reste relativement régulier. Les sols trop accidentés ou les efforts brusques ne sont pas recommandés, compte tenu de sa morphologie.
Sur le plan du cadre de vie, le Basset artésien normand peut s’adapter à un environnement urbain et à la vie en appartement, à condition que ses besoins de sorties soient réellement respectés. Un jardin n’est pas indispensable, mais il reste évidemment un plus, surtout s’il est bien clôturé. Ce chien apprécie de pouvoir évoluer librement dans un espace sécurisé, explorer et flairer à son rythme.
Quelle que soit la configuration du logement, l’essentiel reste la qualité de vie proposée : des sorties régulières, de la présence, et des activités adaptées à ses capacités. C’est cet équilibre qui lui permet de rester stable, calme et agréable à vivre au quotidien.
Santé et prédispositions
Le Basset artésien normand présente globalement une bonne robustesse, notamment en comparaison d’autres races de bassets. Sa constitution lui permet de rester actif et endurant, à condition que son mode de vie soit adapté à sa morphologie particulière.
Son principal point de vigilance concerne sa structure corporelle. Son dos long associé à des membres courts l’expose davantage aux troubles vertébraux. Des problèmes de dos peuvent apparaître, surtout en cas de surpoids, de sauts répétés ou d’efforts inadaptés. Les chocs, les escaliers fréquents ou les activités trop brutales peuvent fragiliser la colonne vertébrale et entraîner des lésions parfois sérieuses.
La prévention joue ici un rôle essentiel. Le maintien d’un poids stable, des activités physiques modérées mais régulières, ainsi qu’un environnement adapté permettent de limiter considérablement les risques. Une attention particulière portée aux déplacements du chien et à son hygiène de vie contribue à préserver sa santé sur le long terme.
Un suivi vétérinaire régulier et une observation attentive des changements de posture ou de mobilité restent indispensables pour détecter précocement d’éventuels troubles et intervenir rapidement.











